Quand loisir ne rime plus avec plaisir

Une chute, deux chutes … et puis un jour la chute de trop. La perte de confiance, la peur qui me ronge, les questions qui m’envahissent l’esprit ; vais-je encore tomber, dois-je continuer ?

Chute-et-motivation

Cela va faire 4 ans que je monte à cheval, mais cette année les chutes se sont enchaînées, la méfiance a commencé à s’installer. Des chutes, encore des chutes, toujours des chutes et cette chute où je me suis fait mal au dos. Visite chez le médecin, radios, heureusement rien de cassé, mais le doute s’est installé. Deux semaines d’arrêt histoire que mon dos s’en remette. Puis c’est la reprise, seulement le mal est déjà fait. Je prépare le cheval qui m’a été attribué. Le cours commence, je suis mal à l’aise et mon cheval le ressent. Ce jour nous faisons du saut, j’ai peur, c’est à mon tour de sauter, première barre, deuxième, troisième, allez, plus que deux à passer, mais mon cheval fait un refus et s’arrête net devant l’obstacle. Je suis destabilisée, mais je ne tombe pas, ouf. Il faut lui faire passer cette barre, mais lui n’est pas d’accord, il lève la tête, il recule, je me sens de moins en moins en confiance et il en profite. Finalement je parviens à lui faire passer les deux obstacles restant. Victoire ? Presque, toutefois le cours n’est pas terminé, on monte un peu les barres et c’est reparti pour un tour. Après plusieurs refus, que je ne compte plus, je réussis à franchir les obstacles. Le parcours est bientôt terminé, mais je me crispe, je sers les genoux, une mauvaise position de mes jambes et mon étrier se détache de la selle, et ce qui devait arriver, arriva ; la chute et le mal de dos qui revient.

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Ma joie à la vue des équidés c’est peu à peu envolée, si bien qu’il y a une semaine, la monitrice remplaçante elle même m’a demandé de m’arrêter, et je n’ai pas fini le cours. Ma crispation était trop visible, elle m’a dit que ça lui faisait mal au cœur de me voir comme ça. Nous avons longuement discuté elle et moi, pour lui expliquer ce changement de comportement. Puis elle a décidé de me prendre sous son aile, de venir à ses leçons où elle me ferait reprendre tout depuis le début, pour que petit à petit je reprenne confiance en cet animal, pour que ce loisir redevienne un plaisir.

A suivre …

Debuter-l-equitation

11 thoughts on “Quand loisir ne rime plus avec plaisir

  1. MischievousFairy (Fanny)

    Je suis cavalière depuis plus de 15 ans mais je suis très peu tombée. En revanche, la séance que tu décris me semble couler de source. Tu as de l’appréhension ce qui est normal, le souci c’est que le cheval le sent aussi. Même sans t’en rendre compte, je pense que ta posture lui indique que tu a peur de sauter voire que tu ne veux pas, et donc il fait des refus. Mon conseil ce serait si possible de reprendre confiance sur le plat et de ne reprendre l’obstacle que très progressivement. Il serait bon aussi de ne pas trop tourner dans les chevaux et qu’on te donne celui ou ceux avec lesquels tu te sens le plus en confiance. Mais je sais bien qu’avec les cours collectifs on a pas trop le choix.
    Pour t’illustrer l’importance de notre état d’esprit, à l’inverse depuis 10 ans je ne peux plus me permettre de tomber. Je suis handicapée suite à une chute (en cours de sport, les gens veulent toujours croire que c’est à cause de l’équitation !). J’ai repris l’équitation alors que mon état n’était pas stabilisé parce que c’était devenu vital pour mon moral. Mais je m’étais rentrée dans le crâne que je n’avais plus le droit de tomber. Le petit cheval que je montais souvent m’a fait un refus (quand j’y pense c’était fou de reprendre l’obstacle entre deux opérations) mais il m’a accompagnée dans ma chute comme jamais, et je suis retombée sur mes pieds ! Tout ce qui aurait pu conduire à une chute ensuite s’est à peu près passé comme ça, que j’ai pu rester en selle ou retomber sur mes pieds. Finalement je n’ai refait une vraie chute que récemment, sans me blesser, mais clairement je me souviens de mon état d’esprit : j’étais trop confiante, genre il peut rien m’arriver (cheval que j’avais en demi-pension depuis 4 ans… forcément on finit par y aller trop sûr de soi).
    Quand je pense chutes à répétition je me souviens de mon premier essai de traîneau à chien où j’étais aux commandes. 4 chutes en 2 minutes : j’avais les jambes qui flageolaient après la première, après la deuxième j’aurais déjà dû capituler parce que je n’étais plus en état. Il faut retrouver cet état de confiance et de sérénité, sinon c’est un cercle vicieux c’est clair.
    Voilà, je sais bien que c’est pas facile, qu’on peut pas se forcer à être relax, mais si tu peux agir ne serait-ce qu’un peu dans ce sens, ça t’aidera beaucoup.
    Je te souhaite de terrasser cette peur, qu’elle n’ait pas le temps de s’installer !

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    1. vousparler Post author

      Merci beaucoup pour ton commentaire et tes conseils qui m’ont fait du bien. C’est vrai que les chevaux ont cette intelligence de tout ressentir, il faut que je reprenne confiance en moi, ce sera peut-être long parce que je suis une personne qui stress facilement, mais je peux y arriver.
      L’année dernière j’avais bien progressé parce que je n’avais pas peur et j’y prenais énormément de plaisir. Et il est vrai que la monitrice de l’époque me donnait souvent le même cheval. J’ai retrouvé cette monitrice qui je croyais avait quitté le club, et elle veut bien me prendre dans son cours et me redonner le cheval avec lequel je me sentais bien.
      J’espère bien retrouver ce plaisir à cheval, car c’est important pour mon moral également.

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      1. MischievousFairy (Fanny)

        Il y a beaucoup de choses qui jouent, c’est sûr, le moniteur aussi. Un jour j’ai été forcée de changer mais les méthodes du nouveau m’étaient insupportables, j’ai préféré partir et quitter ma jument préférée, que de lui arracher la bouche comme il me le demandait. Il faut bien s’écouter pour trouver des solutions qui nous conviennent. Une copine était restée avec ce moniteur et je la retrouvais tous les lendemains matins de séance en larmes, son plaisir était devenu une souffrance.
        Ça me semble très bien reparti dans les conditions que tu décris, ça va le faire ! 🙂
        Ça va te simplifier la tâche d’avoir un moniteur qui a repéré ton malaise, elle va sûrement en tenir compte d’une manière ou d’une autre dans ses séances. Idem de reprendre un cheval avec qui ça se passait très bien. Ok à un moment donné c’est bien de pouvoir être à l’aise avec une grande diversité de chevaux, mais pour prendre ou reprendre confiance, c’est plus facile avec un seul être ou quelques uns. J’ai aidé une autre amie à reprendre confiance avec le cheval que j’avais en demi-pension, il tient une place particulière pour elle et elle a pu approcher d’autres chevaux par la suite, elle avait vachement confiance en elle (on a beaucoup travaillé à pied, ça aide !).

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  2. Suny

    Bonjour,
    J’arrive là un peu par hasard, via Hellocoton et ce titre associé à cette illustration qui m’ont immédiatement parlé. Nous avons des trotteurs français réformés avec mon mari, des chevaux au passé un peu lourd, adorables mais dotés de forts caractères. Plus ça allait, et moins je prenais de plaisir à monter, parfois même rien que d’aller les nourrir devenait une corvée. Alors j’ai décidé il y a un mois de reprendre des cours et de repartir de zéro, de prendre les conseils du moniteur comme si je n’avais jamais monté de ma vie, et ça fait un bien fou : je reprends confiance en l’animal et en moi-même, et même si je ne me sens pas encore prête à remonter ma propre jument même pour une simple balade, je sens que ça revient, lentement mais sûrement. Suffit de s’armer de patience, et de ne pas hésiter à en parler, surtout !
    Bon courage ! 🙂

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    1. vousparler Post author

      Merci pour ton retour et tes encouragements :-), je vais également reprendre à zéro, ça ne pourra me faire que du bien.
      J’espère que tu pourras remonter ta jument très vite.

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  3. Julie

    Bonjour ! Comme Fanny, je suis cavalière depuis 15 ans et suis passée par diverses « phases » dans ma vie cavalière : j’ai commencé dans un club tranquille où j’ai pris de l’assurance, puis j’ai débarqué dans une autre structure où j’ai dû m’accrocher pour suivre car les cours étaient clairement au-dessus de mon niveau. Trouillarde et défaitiste au début, je me suis obstinée … jusqu’à devenir une vraie casse-cou complètement déraisonnable ! Suite à mes études, j’ai encore changé et j’ai passé trois ans dans un club où j’ai beaucoup appris et où ma « warrior attitude » m’a bien servie, notamment lors de tours d’obstacles très sportifs. Enfin, depuis l’an dernier, je suis retournée au club numéro 2 … Et là, j’ai commencé à avoir peur. J’ai monté des chevaux très impressionnants, au point d’en devenir parfois incontrôlables, et qui profitaient de mon stress pour me faire de super blagues (sauts de mouton, coups de cul, refus et j’en passe). Dans mon cours actuel, les chevaux « tranquilles » sont réservés à celles qui montent le moins bien et je me retrouve donc souvent avec les bestiaux difficiles, ce qui ne m’aide pas à avoir confiance et à réussir ! Néanmoins, j’essaie de passer outre et je m’arrange avec la prof : si je ne sens pas tel exercice au galop, je le fais au trot, si on saute, je fais le parcours mais je m’arrête quand les barres commencent à monter trop haut, etc. L’essentiel étant de travailler à trouver mes limites puis à les dépasser petit à petit quand je me sens prête.

    Il faut que tu trouves la manière qui te convient le mieux pour reprendre confiance : monter des chevaux plus faciles, changer de prof, prendre des cours particuliers, il existe de multiples façons d’aborder le problème, et je suis sûre que tu trouveras celle qui te convient ! L’important, surtout, c’est de ne pas lâcher.

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    1. vousparler Post author

      Bonjour, en lisant ton commentaire je me suis « un peu retrouvée » (j’ai quand même beaucoup moins d’expérience que toi). J’ai débuté l’équitation (et continué) dans un cours largement au-dessus de mon niveau, j’étais le boulet du groupe certes, mais j’ai du m’adapter à leur niveau, ce qui m’a fait progresser. On me donnait des chevaux cool, bien adaptés à mon niveau. Mais cette année, le cours où j’étais a été supprimé car trop hétérogène. On m’a donc proposé le cours des débutants (en fait qui va jusqu’au galop 2, mon niveau). Ce coup-ci je faisais parti de ceux qui montaient le mieux dans cette reprise, on a donc commencé à me donner des chevaux plus toniques et speed et/ou au caractère plus difficiles, la plupart du temps ça allait, mais il y en a un avec qui le courant ne passe décidément pas et je l’avais souvent, et c’est là qu’ont commencé les ennuis.
      Au final, je vais changer de cours, avec la monitrice que j’avais l’année dernière qui me connais bien et avec laquelle j’avais bien progressé. J’espère que ça va marcher 🙂 .

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  4. Sophy

    Bonjour ma belle. Je suis cavalière depuis plus de 15 ans, et je n’ai jamais aimé sauter. Ce que tu nous décris là, c’était une séance typique lorsque je sautais, je n’en pouvais plus. Heureusement maintenant je monte dans un centre qui est tourné vers le dressage ( coeur coeur coeur ) et où il m’aide quand même à affronter ma peur de l’obstacle ! J’ai même demandé un jour à sauter de moi-même, tu te rends compte ?!
    J’ai également ma jument, et à un moment donné (je crois qu’en fait ce moment n’est pas vraiment terminé…) je me suis tellement mise la pression que je ne voulais plus monter, aucun plaisir, rien. Pour l’instant, je trouve du plaisir dans nos balades à pieds, j’espère juste un jour retrouver le plaisir de la monter elle.
    En tout cas, c’est super d’avoir trouvé une monitrice qui t’aideras et te rassurera !
    Des bisous 🙂

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    1. vousparler Post author

      Merci pour ton retour d’expérience. J’avais eu cette monitrice l’année dernière et ça s’était super bien passé, du coup j’espère retrouver confiance en moi.
      Bises 😉

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  5. Lamendin

    Bonsoir,
    Changez De Club !!! Et Changez d’Equitation !!!

    Je suis une ancienne monitrice d’équitation, j’ai fait parti de l’équipe pédagogique de la FFE. Je me suis longtemps battue contre cette équitation « où l’on doit faire 100 chutes pour être cavalier », ce système m’a même écoeurée de mon métier.
    J’avais comme optique d’apprendre aux gens le Cheval, d’apprendre aux gens à être autonome pour qu’ils aient leur propre Cheval et se faire plaisir ( oh, mais quel horreur, il faut que les gens soient des clients, qu’ils paient pour passer des examens et des concours…)
    L’équitation n’est pas une science exacte !
    Il existe une multitude d’équitation !
    Si vous aimez le cheval, il y a des équitations où on ne chute pas !!!
    Orientez vous vers l’équitation western ou l’équitation espagnole (cerise sur le gâteau, la base est éthologique avec beaucoup de travail à pied)
    Cordialement

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